Mobiliser les étudiants pour construire une nouvelle étape de la démocratisation

La table ronde :

Après avoir permis la massification des études, le nombre d’étudiants a été multiplié par 10 depuis 40 ans, notre service public d’enseignement supérieur doit franchir une nouvelle étape de la démocratisation. Le nombre d’étudiants repart à la hausse ces dernières années, notamment parce que les jeunes des catégories populaires qui obtiennent un baccalauréat professionnel ou technologique sont de plus en plus nombreux à faire le choix de la poursuite d’étude. Cette tendance pourrait être l’occasion de relancer l’ascenseur social et mieux former les nouvelles générations mais elle est mis à mal par les faiblesses de notre service public. L’organisation du système éducatif provoque l’échec ou la relégation des étudiants en fonction de leur origine sociale plutôt que d’assurer l’accès de tous à une qualification de haut niveau. L’absence de véritable protection sociale pour les étudiants, qui les expose aux conséquences de la crise, est également un obstacle qui nous empêche d’accéder à l’autonomie et de mener à bien un projet  d’étude. Pour passer une nouvelle étape de la démocratisation, les étudiants devront imposer une réforme en profondeur de leur service public.

Contre l’austérité, investir dans notre service public

La pénurie budgétaire, que le gouvernement impose aux étudiants et à leur service public, est le premier frein à la démocratisation. La réforme système de bourse doit se poursuivre pour en finir avec un système de revenu de complément, dépendant du revenu des familles, et avancer vers une allocation d’autonomie. Les CROUS, dont le budget de fonctionnement a été remis en cause ces dernières années, doivent avoir les moyens de mener une politique de vie étudiante à la hauteur de la crise sociale et de ses conséquences pour les étudiants. Enfin, le budget d’austérité imposé aux universités provoque la dégradation de nos conditions d’étude et pousse les établissements referment leurs portes en organisant des formes de sélection légales ou illégales. En remettant à plat le financement des établissements, il faut leur donner les moyens de fonctionner et d’assurer l’égalité entre tous les étudiants sur le territoire.

Réguler pour mettre les étudiants au centre du service public

Après des années de réformes qui ont renforcé l’autonomie des établissements, le constat est sans appel : l’enseignement supérieur devenu un secteur concurrentiel ou notre réussite est la dernière préoccupation des établissements. La dernière loi sur l’enseignement supérieur mis en place certains garde-fous dans les regroupements universitaires et donne davantage de pouvoirs aux élus étudiants. Pour autant, elle ne doit pas clore le débat sur le fonctionnement de notre service public. Dans l’orientation des étudiants, du baccalauréat jusqu’au master, il faut faire tomber les barrières sélectives pour s’assurer que leurs choix d’étude seront respectés. Dans les formations, c’est l’ensemble de l’institution universitaire qui doit être interrogé pour engager une révolution pédagogique et faire de la réussite des étudiants une priorité. Du contenu de la formation des enseignant-chercheurs jusqu’aux modes d’évaluation, il faut en finir avec les méthodes archaïques qui provoquent l’échec et la reproduction sociale.

Mobiliser pour se faire entendre

Cette table ronde sera l’occasion d’évoquer chacun de ces sujets avec la communauté universitaire. Les étudiants ne se résignent pas et ils se sont déjà mobilisés plusieurs fois en réaction aux difficultés qu’ils rencontrent pendant leurs études. Au-delà des constats, nous chercherons à construire les revendications qui permettront de rassembler et de renforcer les mobilisations étudiantes afin d’imposer notre exigence de démocratisation au gouvernement.

Les invités :

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Jean-François Balaudé, Vice-président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU)

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Guillaume Houzel, directeur du CNOUS

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Sophie Béjean, directrice du comité STRANES