Les jeunes engagés contre les disciminations

La table ronde :

Les émeutes de 2005, déclenchées par la mort tragique de deux adolescents poursuivis par la police, illustrait déjà les fractures de la société française. Dans certains territoires, la relégation sociale et la discrimination raciale s’additionnent pour exclure des millions de citoyens de la République. 10 ans plus tard, ce sont d’autres événements qui remettent ces territoires au centre du débat. Au lendemain des attentats du mois de janvier, en parlant du parcours des jeunes qui les ont commis, le Premier Ministre dénonçait un « apartheids territorial, social et ethnique » et annonçait sa volonté de « casser les ghettos ».

A la suite de chacun de ces événements, la situation n’a fait qu’empirer : l’exclusion que subissent les citoyens des quartiers comme les discours stigmatisant qui s’adressent à eux. Les jeunes sont les premières victimes de ces discriminations. Ils sont confrontés à un taux de chômage largement supérieur à la moyenne nationale. Dans le système éducatif, les inégalités territoriale et la faible mixité sociale, que la récente réforme de l’éducation prioritaire n’a pas permis de régler, participe également à l’exclusion. L’ensemble des services publics sont moins présents à l’exception de la police et ses pratiques discriminantes. Un jeune d’origine africaine ou nord-africaine a une probabilité 7 fois plus importante de subir des contrôles d’identité.

Faire reculer le racisme et l’exclusion sociale

Contrairement à la tournure que prend le débat politique et médiatique, nous refusons de diviser les jeunes et de monter une partie de la société contre un autre. Au contraire, c’est parce que nous considérons que la bataille pour l’égalité doit concerner tous les jeunes que nous nous mobilisons contre les discriminations qu’ils subissent dans les quartiers. Notre premier combat est celui contre le racisme et l’islamophobie. Produits par les institutions et les individus, ils sont alimentés par les discours politiques et la progression de l’extrême droite. Il est urgent de mobiliser la société pour faire reculer le racisme et refuser que la laïcité, un principe de liberté et d’égalité, soit manipulée par les xénophobes. Notre second combat est contre l’exclusion sociale. Comme tous les autres, les jeunes des quartiers doivent avoir accès au droit commun : une formation qualifiante, une protection sociale et un emploi stable. Cela nécessite de revoir l’ampleur et les objectifs des politiques de jeunesse et de la ville menées jusqu’à présent.

Engager les jeunes dans une bataille républicaine pour l’égalité

La République est un champ de bataille dans lequel nous devons nous engager pour faire respecter ses principes fondamentaux. A l’occasion de cette table ronde, nous échangerons avec des acteurs de terrains, militants associatifs, pour construire les revendications et débattre des mobilisations à organiser. Nous réfléchirons également au rôle de notre action syndicale pour faire reculer les discriminations dans l’accès à l’enseignement supérieur.

Les invités :

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Mohamed Mechmache, président de AC Le Feu de Clichy-sous-Bois

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Siham Assbague, Collectif « Stop le contrôle au faciès »

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Serge Kroichvili, délégué général de l’Union nationale des missions locales (UNML)

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Malia Bouattia, Black officier de la NUS

Animation :

FRANCE 4

Juan Masseya, journaliste de France 4